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Journée de reflexion sur les conséquences de la COVID-19 sur les DSSR de femmes vivant avec un handicap (FVH)

Compte rendu de la journée de reflexion sur les conséquences de la Covid-19 sur les DSSR de femmes vivant avec handicap (FVH), dans l'aire de santé de Nyamugo Bukavu

Lieu : Salle Action plus à NYAMUGO 
Date et Heure : Lundi le 24/09/2020, 10h30 à 12h45 
Oratrice : VIVIANE SEBAHIRE ; 
Coordinatrice Modérateur : CLEMENT BAMBA 
Thème : Conséquences de la COVID 19 Sur le DSSR des FVH 
Participants : 25 FVH

 1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

La pandémie ne devra pas en aucun cas exacerber les obstacles liés aux droits humains ou d’accéder aux services de santé. Les personnes les plus vulnérables face à la COVID19 comme les FVH, rencontrent déjà de nombreux obstacles pour accéder aux services et leurs droits sont souvent ignorés compte tenu de leur situation. C’est pour quoi il faut porter toute l’attention nécessaire aux personnes les plus vulnérables et les plus marginalisées et leur garantir l’accès aux services de santé sans discrimination. 

La menstruation est un phénomène normal ; elle n’est pas une maladie. Actuellement certains mythes sur le rapport entre la menstruation et la COVID19 circulent toutefois dans certains pays, certaines personnes disant que la menstruation augmenterait la vulnérabilité au Corona virus, d’autres disant que la menstruation est un symptôme de la COVID19 ou encore que les personnes qui ont des menstrues sont plus susceptibles de transmettre la maladie. Ces mythes ne sont fondés sur aucun fait médical et peuvent accroitre la stigmatisation qui existe déjà autour de la menstruation. 

D’autre part, les retombées économiques de la pandémie limitent l’accès aux produits d’hygiène menstruelle et le stress induit par cette pandémie peut affecter les cycles menstruels ainsi que les effets physiques et émotionnels pénibles qui y sont liés. Les FVH qui ont déjà des difficultés à accéder à des services de santé ou à des produits d’hygiène menstruelle voient ces problèmes augmenter.
 
Enfin nous devons reconnaître que les DSSR des FVH ne sont pas pris en compte du fait que ces personnes vulnérables rencontrent encore plus d’obstacles dans leur accès aux produits d’hygiène menstruelle et aux soins. Pourtant les FVH ont besoin, comme toutes les autres des serviettes coupes menstruelles, serviettes lavables, médicaments contre la douleur et savon pour leur santé, leur dignité et leur bien-être. 

 2. OBJECTIFS DE LA RENCONTRE  

Contribuer à l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive des FVH de l’aire de santé de KADUTU en leur dotant de kit pour la gestion de l’hygiène menstruelle en cette période de COVID. 

 3. DEVELOPPEMENT 

La séance commence par la présentation des membres de SOFEDI et des participantes suivi de la présentation de l’objectif de l’activité et de la projection d’un film qui cadre avec la transmission de la COVID 19 et expliquant les dangers de la COVID 19 en insistant sur les gestes barrière. 

En suite un exposé sur le fonctionnement de l’appareil génital de la femme et des menstruations. Les participantes ont voulu comprendre le cycle menstruel et notre constant est que la plupart d’entre elles ne maitrisent pas leur cycle menstruel qui a qui fait, selon elles, qu’elles tombent enceintes. Rapidement nous avons donné la définition des menstruations qui est un phénomène physiologique caractérisé par un écoulement sanguin périodique (règles) du à l’élimination de la muqueuse utérine, se produisant chez la femme, lorsqu’il n’y a pas eu fécondation, de la puberté à la ménopause. Nous leurs avons recommandé d’avoir des calendriers pour bien maitriser et gérer leur corp mais aussi connaitre la date du début et de la fin des menstruations.
Les FVH reconnaissent que pendant cette période des menstruations toute femme utilise un protecteur comme les bandes hygiéniques dit Cotex, les linges genre morceau des tissus. La gestion de l’hygiène menstruelle est une occasion privilégiée pour aborder les problèmes plus larges d’équité et d’égalité des sexes en matière, d’éducation, de santé de la reproduction, de l’environnement et de l’accès à l’eau et aux services. 
Les FVH ont eu des informations sur la contraception, les différentes méthodes et leurs accès faciles dans l’air de santé de Nyamugo mais aussi à l’accès aux soins post avortement et avortement sécurisé en cas de viol, d’inceste et si la grossesse met en danger la vie d’une femme et du fœtus. A ce sujet, les FVH se sont exprimées sur les formes de discrimination dont elles sont victimes en cas des grossesses, d’avortement et même en cas de viol compte tenu de leur état physique. 

 Des recommandations ont été formulées pour ces FVH à 3 niveaux : 
 1. Niveau familial où elles sont discriminées par leurs parents et membres de la famille surtout pour ce qui concerne leur éducation ;
 2. Au niveau des prestataires des soins car elles sont discriminées au point de préférer, en cas de grossesse, accoucher à domicile, ce qui est aussi dangereux ; 
 3. Au niveau des activistes de la société civile et des féministes de les approcher pour avoir des informations, comme tant d’autres, sur la santé sexuelle et reproductive.
A la fin de l’activité les FVH ont reçu des bandes hygiéniques et des cache-nez parce que pendant cette période de COVID 19 les FVH n’ont pas pu accéder à leurs activités (la plupart d’ entre elles font la couture) à cause de la situation du confinement et ceci a beaucoup joué sur leur économie et leur hygiène. Signalons que les FVH ont eu des explications sur les organes génitaux de la femme et sur quelques méthodes contraceptives afin de les aides à bien faire la planification familiale car c’est aussi un droit pour les femmes. 
Parmi les méthodes contraceptifs on peut citer : l’implant jadelle, le dispositif intra utérin, les produits injectables, les contraceptifs oraux, la pilule orale progestative, le collier du cycle, les préservatifs. Ces dispositifs sont disponibles au Centre de santé CBCA Kadutu. C’est avec la restitution d’ensemble et la distribution des bandes hygiéniques et des cache nez et une photo de la famille que la journée pris fin. 

Fait à Bukavu le 24 Aout 2020 

Le rapporteur 
Sylvie ZOZO 

Approuver par 
Viviane SEBAHIRE 
Coordinatrice